Faire passer le test à un proche

Faire passer le test de Folstein à un proche

Vous vous inquiétez pour la mémoire d'un parent ou d'un conjoint ? Le MMSE peut aider à préparer le rendez-vous chez le médecin, à condition de le faire passer dans de bonnes conditions. Voici comment s'y prendre sans mettre la personne en difficulté.

Contenu relu par Dr. Daniel del Olmo, Psychopédagogue — Espagne · mis à jour en octobre 2026

Ce n'est pas le moment de faire un test si la confusion est apparue brutalement, en quelques heures ou quelques jours, surtout avec de la fièvre, une chute, une somnolence inhabituelle ou des propos incohérents. Appelez le médecin sans attendre, ou le 15 (le 112 depuis un portable, en France comme ailleurs en Europe).

Le test repère des difficultés de mémoire et de raisonnement. Il ne pose pas de diagnostic. Son intérêt pour vous : apporter au médecin un résultat chiffré, obtenu dans des conditions connues, avec vos observations du quotidien.

Avant le test

  1. Choisir le bon momentUn moment où la personne est reposée, pas juste après un repas copieux, pas en fin de journée si elle se fatigue vite, et jamais pendant une maladie aiguë (grippe, infection urinaire, douleur forte).
  2. S'installer au calme, seul à seulTélévision éteinte, téléphone de côté. Évitez les spectateurs : se tromper devant la famille est vécu comme une humiliation et fausse les réponses.
  3. Lunettes et appareil auditifUne personne qui voit ou entend mal perd des points pour une mauvaise raison. Vérifiez aussi qu'aucun calendrier, journal ou horloge n'est visible : la première partie porte sur la date.
  4. Préparer le matérielUne feuille blanche, un crayon, une montre, et ce site ouvert sur votre téléphone ou la feuille PDF imprimée. La page 2 du PDF contient la carte « Fermez les yeux » et le dessin à recopier.
  5. Présenter les choses honnêtementPar exemple : « J'aimerais qu'on fasse un petit questionnaire sur la mémoire, celui qu'utilisent les médecins, pour en parler avec le docteur. » Ne le présentez pas comme un jeu et ne piégez pas la personne. Si elle refuse, n'insistez pas : proposez plutôt d'en parler ensemble au médecin.

Pendant le test

À faire
  • Lire les consignes telles qu'elles sont écrites, lentement et en articulant.
  • Laisser le temps de répondre, sans chronomètre.
  • Rester neutre : « merci, on continue », que la réponse soit juste ou non.
  • Cocher la réponse tout de suite, sans montrer l'écran.
À éviter
  • Souffler la réponse, donner un indice ou la première lettre.
  • Reformuler la question avec vos mots.
  • Corriger une erreur ou dire « mais si, tu sais bien ».
  • Montrer de l'inquiétude, de l'impatience ou de l'amusement.

Trois points piègent souvent les proches :

  • Les trois mots : seul le premier essai compte. Si la personne n'a pas tout répété, redites les trois mots jusqu'à ce qu'elle les ait retenus, sans ajouter de point. Ne les redonnez surtout pas avant la question du rappel.
  • Les soustractions : si elle se trompe, on continue à partir de son chiffre. 92 puis 85 : le 85 est compté juste.
  • Le dessin : montrez le modèle et laissez-le sous ses yeux pendant qu'elle recopie.

Après le test

  1. Remercier et passer à autre choseN'annoncez pas le score comme un verdict. Une phrase suffit : « Merci, je montrerai ça au docteur. »
  2. Lire le résultat avec le bon seuilLe seuil dépend du niveau d'études. Le test en ligne fait le calcul ; le détail est sur la page interprétation du score.
  3. Préparer le rendez-vousImprimez le compte rendu et ajoutez vos observations concrètes : oublis récents, difficultés avec l'argent, les médicaments ou les rendez-vous, moments où la personne s'est perdue, changements d'humeur.
  4. Ne pas refaire le test trop viteÀ quelques semaines d'intervalle, la personne se souvient des questions et le score monte artificiellement. Pour un suivi, comptez environ six mois ; le bouton « Me rappeler dans 6 mois » ajoute un rappel à votre agenda.
Et après le score ?Les suites les plus fréquentes selon le résultat. Seul un médecin pose un diagnostic.

Comment parler du résultat

Au-dessus du seuil, rassurez sans fermer la porte : si les oublis continuent de vous inquiéter, le médecin reste le bon interlocuteur. Le MMSE repère mal les difficultés débutantes, surtout chez les personnes diplômées.

Sous le seuil, restez factuel : le test conseille d'en parler au médecin, et beaucoup de causes se soignent. Une dépression, un manque de sommeil, une carence en vitamine B12, un problème de thyroïde ou certains médicaments peuvent faire baisser le score. Évitez de prononcer vous-même le mot « Alzheimer » : seul un bilan médical permet de le dire.

Prêt ? Le test se fait en une dizaine de minutes.

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Questions fréquentes

Quel niveau d'études choisir ?

NSC 1 si la personne n'a pas obtenu le certificat d'études primaires, NSC 2 si elle l'a, NSC 3 pour un brevet, un CAP ou un BEP, NSC 4 pour le baccalauréat et au-delà. En cas de doute entre deux niveaux, notez-le pour le médecin.

Faut-il chronométrer ?

Non, il n'y a pas de limite de temps stricte. Si la passation est très longue ou que la personne se fatigue, notez-le : c'est une information utile.

Peut-on le faire par téléphone ou en visio ?

La version standard se fait en face à face. À distance, plusieurs épreuves (prendre et plier la feuille, lire la carte, recopier le dessin) ne peuvent pas être faites correctement, et le score n'est plus comparable.

Mon proche parle peu le français, le test est-il valable ?

Non. Les normes ont été établies chez des personnes de langue française. Le résultat serait trompeur ; parlez-en directement au médecin.

Il a déjà fait le test chez le médecin, puis-je le refaire ?

Oui, mais pas dans les semaines qui suivent. Et gardez en tête que le score obtenu à la maison n'a pas la même valeur que celui d'un examen médical : il sert à ouvrir la discussion.

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